Aide aux aidants

Imprimer Imprimer Mise à jour le 3/4/15

Quelques généralités sur la notion d’aidant

L’aidant naturel peut être un membre de la famille, un ami, un voisin ou le conjoint d’une personne souffrante, handicapée ou en perte d’autonomie. Il apporte  son aide de façon ponctuelle ou régulière.
Cette aide peut prendre différentes formes:

  1. nursing, soins, aide aux actes essentiels de la vie (toilette, habillage…)
  2. activités domestiques, préparation des repas, aides aux courses
  3. accompagnement à la vie sociale
  4. démarches administratives
  5. coordination des intervenants extérieurs
  6. surveillance, vigilance
  7. soutien psychologique

L’aidant naturel n’est pas considéré comme un professionnel même s’il peut l’être de par sa formation. Son rôle est essentiel et souvent épuisant. Il contribue de façon significative au maintien à domicile de l’aidé.
Sont parfois évoqués aussi les termes suivants :

  1. aidant “informel”, par opposition aux aidants “formels” ou “professionnels”
  2. aidant proche, concerne  essentiellement le voisinage
  3. aidant familial qui représente la grande majorité des aidants non professionnels des personnes âgées dépendantes

Ce rôle d’aidant naturel peut être endossé par choix ou plus souvent par nécessité, l’aide s’installe alors progressivement sans décision explicite, souvent par devoir moral et social et par volonté de ne pas placer son conjoint ou son parent en maison de retraite. Un ou plusieurs aidants peuvent être amenés à se relayer.
Certaines personnes âgées dépendantes ou certaines familles sont réticentes à recourir à des services professionnels d’aide à domicile:

  1. pour des raisons financières
  2. à cause des contraintes horaires des services
  3. par refus de l’intrusion d’un professionnel “étranger” chez soi
  4. par difficulté à accepter de partager ou de renoncer à l’aide apportée

Pourquoi mettre en place l’aide aux aidants?

La personne malade requiert une vigilance qui progressivement mobilise l’aidant 24 heures sur 24 et qui conduit à des situations d’épuisement physique et psychologique. L’aidant familial est confronté à une quadruple charge:

  1. affective
  2. psychologique
  3. physique
  4. financière

Les aidants sont alors exposés au stress, avec le temps la charge ressentie peut évoluer vers l’usure et aboutir parfois à des situations de rupture d’aide, de maltraitance.
Les aidants évoquent rarement leurs besoins et parlent plus facilement d’attentes ou de difficultés. Ce sont plus souvent les professionnels qui cernent les besoins des aidants.
Lorsque l’aidant est le conjoint d’une personne en perte d’autonomie il est aussi souvent lui-même âgé et présente parfois des pathologies nécessitant un suivi médical régulier, il se peut alors qu’il néglige ce suivi par manque de disponibilité pour s’occuper de  lui-même.
Les besoins de l’aidant se situent à 5 niveaux:

  1. pouvoir se ménager des moments de répit
  2. disposer  d’informations sur les possibilités d’aides
  3. accéder à une formation sur la maladie, la dépendance, ses conséquences
  4. trouver un lieu d’accueil et d’échanges
  5. être soutenu moralement et physiquement.

Ménager des moments de répit

Il a été démontré lors d’études que l’espérance de vie d’un aidant était diminuée de quelques années parfois par rapport à la population tant l’impact sur sa propre santé peut être important.
Quand on s’occupe à plein temps d’un proche dépendant, le besoin de répit est donc primordial. Il ne faut pas hésiter, malgré ses réticences parfois à faire appel à une aide extérieure.
Il peut s’agir:

  1. d’une aide à l’entretien du domicile, du linge, de l’aide aux courses
  2. d’une aide à la toilette et à l’habillage réalisée par une auxiliaire de vie ou par une aide-soignante si la toilette est complète et/ou nécessite une surveillance
  3. de temps de garde: un professionnel se rend à domicile et veille sur la personne aidée pendant que l’aidant s’absente (rendez-vous chez le médecin, le coiffeur, courses, club, sortie culturelle…)
  4. d’accueil de jour ou l’hébergement temporaire qui sont des solutions proposant un accueil ponctuel et planifié de la personne aidée en établissement pour une ou plusieurs demi-journées ou journées pour l’accueil de jour et une ou plusieurs semaines pour l’hébergement temporaire. Ces solutions permettent à l’aidant de pouvoir s’absenter pour des vacances, une hospitalisation ou simplement pour pouvoir disposer sereinement d’un temps de repos à la maison.
  5. de séjours vacances aidants/aidés: l’aidant part avec l’aidé lors de séjours spécifiques. L’ensemble du groupe est constitué de binômes aidant/aidé. Les objectifs de ces séjours sont:
    • offrir du bien-être (repos, détente, soins de soi)
    • rompre l’isolement
    • favoriser la création de liens
    • créer une rupture bénéfique avec le quotidien grâce au changement de lieu, aux activités et formations proposées
    • apporter une information sur la maladie et proposer des actions de soutien.

Disposer d’informations sur les possibilités d’aides

Les besoins d’informations sont variés: solutions de répit, aides matérielles et financières, soutien psychologique…
Il existe parfois des conférences, débats organisés par des associations telles France Alzheimer, France Parkinson, des professionnels, des institutions comme la CARSAT, la Mutualité…
Ces informations peuvent être trouvées en s’adressant auprès:

  1. des CLIC
  2. de la plate-forme d’accompagnement et de répit
  3. de l’Equipe Médico-sociale
  4. des caisses de retraites et de mutuelles
  5. des CMPPA

Accéder à une formation sur la maladie, la dépendance et ses conséquences

Différentes associations, institutions comme France Alzheimer, la Mutualité proposent parfois des séances de formation destinées aux aidants.
Les aidants familiaux, malgré tous les efforts déployés, peuvent être confrontés à des situations d’échec, avec des risques d’épuisement et d’isolement. Par la diffusion de « bonnes pratiques d’accompagnement », la formation des aidants va permettre aux proches aidants d’acquérir les attitudes et les comportements adaptés aux situations quotidiennes. Pour la personne malade, c’est aussi un gage de respect et de prise en compte de sa dignité.
Essentielle au mieux vivre à domicile, la formation dispensée par France Alzheimer facilite une entraide et un soutien mutuel entre les familles participantes. Elle s’articule autour de 5 thématiques:

  1. connaître la maladie d’Alzheimer
  2. les aides possibles
  3. accompagner au quotidien
  4. communiquer et comprendre la personne
  5. être l’aidant familial

Trouver un lieu d’accueil et d’échange et/ou être soutenu moralement et physiquement

L’aidant naturel peut avoir besoin de soutien psychologique pour continuer à accompagner le proche âgé. Ainsi des professionnels et bénévoles sont à leur disposition pour les écouter, échanger autour de leur situation, voire la confronter à d’autres situations. Ce soutien revêt deux formes:

L’entretien individuel:

  1. avec un infirmier d’un CMPPA sur rendez-vous au centre ou à domicile
  2. avec un psychologue de son choix

Les groupes de parole
L’aidant peut avoir besoin de soutien psychologique pour mener à bien son rôle auprès d’une personne âgée. Ainsi des bénévoles et professionnels sont à leur disposition pour les écouter, échanger autour de leur situation et la confronter à d’autres.
La participation au groupe est ouverte à tous et gratuite. La finalité du  groupe de parole est d’offrir aux aidants familiaux un espace de dialogue et d’échanges pour:

  1. exprimer librement ses difficultés quotidiennes
  2. prendre de la distance par rapport à la relation d’aide établie avec la personne âgée
  3. favoriser l’échange des expériences
  4. donner des outils permettant de mieux appréhender l’accompagnement des personnes âgées
  5. prévenir les dégradations des relations aidant/aidé, voire les améliorer
  6. prévenir l’épuisement psychologique et physique
  7. rompre l’isolement social de certains aidants
  8. valoriser le rôle d’aidant et favoriser sa reconnaissance

Dans les Vosges, il existe dans chaque CLIC, un groupe de parole qui a lieu une fois par mois, pendant 2-3 heures, il est animé par un professionnel du CLIC et un psychologue du Conseil départemental qui apporte l’éclairage nécessaire à la compréhension et à l’analyse de certaines situations.

Quel statut pour les aidants ?

Le statut d’aidant familial n’existe pas encore même s’il est discuté dans le cadre de la prochaine loi sur l’adaptation de la société au vieillissement de la société.
Toutefois il existe plusieurs cas où l’aidant peut être dédommagé ou salarié.

Prestation de Compensation du Handicap (PCH):

  1. l’aidant qu’il soit conjoint, enfant peut selon les conditions:
    • être indemnisé pour les heures consacrées à la personne bénéficiaire de la PCH
    • être salarié par la personne bénéficiaire de la PCH
  2. l’aidant familial a droit à sa retraite à taux plein à 65 ans s’il a interrompu son activité professionnelle au moins pendant 30 mois consécutifs pour s’occuper d’un proche handicapé (se renseigner auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées).

Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA):

  1. le conjoint, concubin ou pacsé ne peut pas être indemnisé ni salarié
  2. un enfant peut être salarié de son parent bénéficiaire de l’APA

En APA comme en PCH, le fait d’être salarié implique de déclarer ce salariat à l’URSSAF afin de régler les cotisations sociales afférentes. Vous pouvez, ensemble, choisir la formule du chèque-emploi service universel, qui permet d’alléger les tâches administratives incombant à l’employeur. Pour ses dépenses de salaires et de cotisations celui-ci bénéficiera de la réduction d’impôt. Votre rémunération sera imposable mais vous donnera droit à la protection sociale et vous fera acquérir des trimestres et des points de retraite complémentaire.

Puis-je bénéficier d’un congé pour m’occuper d’un proche gravement malade, en fin de vie ?

Deux solutions sont proposées par la législation pour s’occuper d’un proche dont le pronostic vital est en jeu ou en phase terminale d’une maladie:

  1. le congé de soutien familial:
    • permet à toute personne salariée depuis au moins 2 ans dans son entreprise de pouvoir cesser son activité afin de s’occuper d’un membre de sa famille handicapé ou dépendant (conjoint, concubin, pacsé, ascendant ou descendant jusqu’au 4ème °)
    • implique que la personne dépendante vive au domicile du salarié
    • nécessite que la personne dépendante soit classée Gir 1 ou 2  si elle bénéficie de l’APA ou qu’elle ait au moins un taux d’incapacité de 80%
    • implique que le salarié n’ait pas déjà bénéficié d’un tel congé supérieur à un an
    • se demande par courrier recommandé à son employeur
    • dure 3 mois jusqu’à  1 an maximum dans la carrière du salarié
    • n’ouvre pas droit à des indemnités
    • permet au bénéficiaire du congé d’être salarié dans le cadre de l’APA et de la PCH
    • prend fin  au décès de l’aidé, à son entrée en EHPAD, en cas de relais par ses services professionnel
  2. le congé de solidarité familiale:
    • permet de suspendre son contrat de travail pour accompagner la fin de vie d’un parent (ascendant, descendant, frère, sœur), de toute personne partageant son domicile
    • ne peut être refusé par l’employeur
    • peut durer trois mois, renouvelable une fois
    • nécessite d’informer par courrier recommandé son employeur 15 jours au moins avant le début du congé
    • doit être justifié par un certificat médical attestant de la gravité de l’état de la personne
    • entraine l’arrêt de la rémunération par l’employeur
    • donne droit à l’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie, destinée aux personnes salariées, aux travailleurs indépendants, aux exploitants agricoles mais aussi aux chômeurs dont l’indemnisation chômage est alors suspendue
    • prend fin à échéance ou à votre demande ou 3 jours après le décès

L’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie:

  1. est accordée aux bénéficiaires du congé de solidarité familiale
  2. est accordé uniquement si la personne en fin de vie est à domicile ou en EHPAD mais pas à l’hôpital
  3. est accordée pendant 21 jours ou 42 en cas de temps partiel
  4. se demande à l’aide d’un formulaire spécifique auprès de sa caisse d’assurance maladie
  5. peut être partagée entre plusieurs aidants
  6. s’élève à 55,15 euros ou 27,58 en cas de temps partiel
  7. prend fin à l’échéance ou le lendemain du décès

Puis-je valoriser mon expérience d’aidant ?

Du fait de votre activité d’aidant familial, vous avez développé une expérience précieuse que vous pouvez mettre à profit pour accompagner une personne âgée dépendante ou une personne handicapée.
Aujourd’hui, si vous souhaitez rechercher un emploi ou suivre une formation qualifiante, votre expérience peut notamment :

  1. être valorisée dans une démarche de bénévolat associatif
  2. vous servir dans l’exercice d’un métier d’aide à la personne
  3. vous faciliter l’obtention de diplômes reconnus

Vous souhaitez vous engager dans un parcours de formation d’assistant(e) de vie aux familles, d’auxiliaire de vie sociale ou d’aide médico-psychologique ?
Dans ce cas, vous pouvez faire valoir votre activité d’aidant familial afin d’obtenir des allègements de temps de formation correspondant à certains domaines de compétences requises:

  1. si vous souhaitez suivre une formation d’assistant(e) de vie aux familles: adressez-vous à l’Association pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA)
  2. pour les professions d’auxiliaire de vie sociale ou d’aide médico-psychologique, l’enseignement est dispensé dans des établissements de formation au travail social et sanctionné par un diplôme d’État délivré par le ministère chargé des Affaires sociales.

Où trouver des groupes d’échanges et de paroles des aidants ?

Des groupes d’échanges et de paroles pour les aidants sont organisés un après-midi par mois dans chaque CLIC.
Ces groupes sont conviviaux, gratuits, ouverts aux aidants familiaux qui interviennent auprès d’un proche dépendant âgé de 60 ans et plus.
Il n’y a aucun engagement ou obligation de participation ultérieure.
Chacun des groupes est animé par un professionnel du CLIC et un psychologue.
Ces groupes vous permettront:

  1. de rencontrer d’autres aidants
  2. de partager vs expériences
  3. d’échanger avec des professionnels
  4. d’obtenir des informations
  5. de répondre à vos questions
  6. d’aborder les thèmes souhaités par le groupe

Groupes d’échanges et de paroles des aidants

CLIC Quand: chaque mois Téléphone Courriel
Bruyères
“Montagne et Mortagne”
3ème lundi
14h30 à 16h30
Local de l’hôpital de l’Avison
16 rue de l’Hôpital
88600 Bruyères
03 29 52 70 15 Courriel
Dompaire
“Centre Vosges”
4ème lundi
14h à 16h
Local du CLIC
70 rue des Anciens Combattants
88270 Dompaire
03 29 29 19 45 Courriel
Epinal
“Epinal et Couronne”
2ème lundi
14h à 16h
Local de la Résidence Sans Souci
4 Petite rue des Forts
88000 Epinal
03 29 38 52 80 Courriel
Neufchateau
“La plaine des Vosges”
4ème mercredi
14h à 16 h
Salle des Orangers
Maison de Retraite
2 place Bellune
88 320 Lamarche
03 29 94 32 56 Courriel
Neufchateau
“La Plaine des Vosges”
2ème mardi
14h à 16h
De mai à septembre 2015
Local de la Mairie de Chatenois
1 rue de Lorraine
88170 Chatenois
03 29 94 32 56 Courriel
Remiremont
“Remiremont et Vallées”
1er lundi
14h30 à 16h30
Local du CLIC
8 place Henri Utard
88200 Remiremont
03 29 62 10 75 Courriel
Saint-Dié des Vosges
“Déodatie”
3ème jeudi
14h30 à 16h30
Local du CLIC
67 rue de la Prairie
88100 Saint Dié des Vosges
03 29 56 42 88 Courriel

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